ПОЕТЪТ


Когато поетите ги мислят за луди,

а всеки луд си има сълза,

тогава, Господи, и ти си заблуда.

Така ли е или греша?


Изкристализира ледът по стъклото

на единствения прозорец в света.

Последният залез и тъмното

плисват в стаята непрогледна мъгла.


Тогава остава светлината от погледа

на поета,

който си има сълза.

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събота, 6 октомври 2012 г.



« Le monde ce n 'est que toi et moi. »
D. Christov



Vol de nuit dans les flammes d'une chandelle.  
Désir automnal de lumière.
Le dernier toumesol hiberne dans mon âme.  
Sans même soupçonner une fin pareille,
Le destin m'a fait le signe de croix.


Dommage pour la beauté
Qui n'a pu durer jusqu'à l'aube.
Je porte en moi la peur secrète
De ne plus pouvoir me sauvegarder.


Il fait noir au milieu des mots non dits.

                             Kremena  Yacheva

                                 traduit du bulgare  L.K.


                         « Est-ce que tu connais, mon ami,
                          Le chagrin de vivre? »
A. Bosquet



Quand ce ne sont pas les chaînes qui se brisent,
Mais les nerfs...
Quand ce n'est pas le mur qui s'écroule, 
Mais le corps...
Quand ce n'est pas le noeud qui se déchire, 
Mais l'âme...
Quand ce n'est pas le sang qui coagule,
Mais les pensées...
Connais-tu, mon ami, le chagrin de vivre?
                                                                                                                                   

Alors, tu cherches longtemps le sens de toute chose.   
Alors, tu n'entreprends rien dans le chaos.
Alors, devant toi, tu as tout ton temps.
Mais tu soulèves et tu portes soigneusement
Ton chagrin de vivre.

                       Kremena  Yacheva

                          traduit  du bulgare  L.K.


« Et si cette vie dure encore autant? »
K. Donkov




Il me reste combien de mon chemin?
De mes pas du sang s'évapore.
Car la croix a blessé mes ailes
Et mes yeux sont de l'appât.


Des larmes d'impuissance et de peur,
Dans la douleur et la folie j'ai versées.
Devant des icônes et des souvenirs j'ai pleuré. 
Je me suis promis de résister.


Il me reste combien de mon chemin?
Ma volonté est telle une miette
Et même si tu crois dans l'au-delà
Tu es en quête du sens ici-bas.

                       Kremena  Yacheva

                          traduit du bulgare  L.K.


« Près de la maison abandonnée
Un grillon chante. 
 Soleil du soir. »
                                                 Shiki

Mon âme: une maison abandonnée;
Le dernier hôte est parti.
Et je crie...
Le vide me répond:
« Le dernier hôte est parti. »

Des fleurs tendres poussent devant le seuil.  
Bruit sourd de cerises dans I'herbe.
Un grillon chante devant la porte.
Il fait exprès, ou il se trompe?

Le soleil du soir dans l'attente
S'arrête quelques instants sous I'auvent. 
Mais qui lui répondra cette fois-ci?
« Le dernier hôte est parti. »

                     Kremena  Yacheva

                        traduit du bulgare  L.K.




« Le monde est ma prison »
                                          P. Reverdi




Tout ce que j'avais,
Je l'ai mis sur la table de jeu:  
La bonté, l'espoir,
Jusqu'à ma dernière larme.
J'y ai mis toutes mes prières.  
Jusqu'à la dernière.


Je suis devenue riche.
Honnête ou malhonnête...
Qui sait?
Riche ... de tristesse.
Et me voilà toute seule
Dans l'unique cellule de ma vie.

                    Kremena Yacheva

                        traduit du bulgare  L.K.

 








Vie quotidienne
« Et pourquoi, Vie, tu es si pitoyable? »
K. Donkov
De demi-vérités entourés, nous demi-existons.
Au mi-sourire, dans la mi-culpabilité.
Avec la mi-confiance en mi-copain.
Et même dans la mi-croyance en Dieu.
Mi-confiants, nous faisons mi-amour
Mi-sincères l'un avec l'autre.
Nous mi-élevons nos enfants
Et nous sommes mi-fiers.
Mi-attendants et mi-inquiets,
Qu'il n'y ait pas tout simplement
Une demi-mort.

              Kremena  Yacheva

                    traduit du bulgare  L.K.


« Dès que je marche dans l'herbe, 
un  pressentiment de serpent m'envahit»
T. Fileva


Fatiguée d'avoir peur...
Des cauchemars sortent leurs griffes la nuit, 
La journée bourgeonne d'angoisse,
Mon âme pâlit de soucis.

Fatiguée d'avoir peur.
Un serpent rampe dans l'herbe,
Ou bien, c'est ce qui me semble?
Je m'arrête, sidérée.
Est-ce encore un présage de malheur?
J'espère m'être trompée.
      
                Kremena  Yacheva 

                    traduit du bulgare  L.K.


« Nous te vivons pour la première fois.
Mais toi seule, tu sais que c'est la dernière. »

K. Donkov



Tels des araignées dans une maison abandonnée,  
Des mots non dits s'installent entre nous.
C'est de la folie. Pas de retour.
Cet appel vaut la démence.

Soudain, par un courant balancées
Les araignées dans la maison s'animent. 
Des mots se cherchent dans des énoncés 
Mais c'est la voix qui nous trahit.

Tentés par le désir de liberté 
Prématurément nous cherchons la solitude,  
Chacun invente sa vérité
Ignorant la petite araigne derrière la porte.

                            Kremena  Yacheva

                                 traduit du bulgare  L.K.


« Le propriétaire est parti pour l'Amérique.
Moi, je ne suis allé nulle-part. »
A. Daltchev
Partir,
quand tout le monde va quelque part,
ce n'est pas original.
Rentrer,
quand tout le monde est déçu,
ce n'est pas digne.
Rester,
fier dans sa solitude,
c'est peut-être stupide.
Je ne suis encore allé nulle part,
mais la maîtresse de mon corps, mon âme,
Va-t-elle revenir?

                Kremena  Yacheva

                       traduit du bulgare  L.K.